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La 6000D, aller-retour pour le paradis
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Le rêve Après avoir découvert la 6000D en 2010 par l'autre bout de la lorgnette (j'y exposais alors mes voyages vers l'Argentine) je décidai de profiter cette année encore de l'opportunité que m'offraient une fois encore Gisèle et Jean-Paul (amis français qui m'avaient accompagné au Cruce) de loger dans leur appartement de Montalbert pour... même pas un euro symbolique. Tant qu'on y est, et quitte à profiter de la montagne, ne soyons pas mesquins, autant que ce soit en famille, et pour 5 jours ! Je dois bien avouer aussi, que le fait de n'avoir pas pu faire partie des coureurs l'an dernier m'avait laissé comme un léger sentiment de frustration - on ne se refait pas ! Me voici donc sur la ligne de départ, à Aime, Savoie, en ce beau samedi d'été. Je fais la causette avec André et Denis, deux copains de l'ARCH, l'air faussement détaché, mais avec de fugaces inquiétudes tout de même en ce qui concerne le défi qui m'attend, comme il attend les 900 autres traileurs. Au fond, il ne s'agit que d'un rêve : partir de la vallée, monter tout en haut de la montagne, et revenir avant le soir... Ouais. La réalité est plus crue : départ à 673m, et retour à 673m, 60 km plus tard, après un passage sur le glacier de Bellecôte, à 3047m, une descente à 2050m, et un autre col, l'Arpette, à 2337m. Une gageure ! Le profil est on ne peut plus simple (voir ci-contre) : une pyramide, dont la pointe serait le glacier en question, dotée d'une petite excroissance sur l'une de ses faces - soit l'Arpette en l'occurrence. Pas trop de nervosité pourtant : tenant compte de ce profil menaçant, justement, j'ai décidé de partir doucement, de monter à ma main, et d'entamer la descente prudemment. Beau programme... à condition de s'y tenir, et de ne pas connaître de pépin ! Priorité à la bonne gestion et au plaisir, pour ne pas risquer de voir ce vieux rêve s'effilocher ! Cela peut paraître paradoxal, mais je me sens d'autant plus à l'aise que ma préparation n'a pas été axée sur cette épreuve. Les quelques courses du challenge Delhalle, dans le (presque) plat pays qui est le mien, ne préparent guère à ce type d'ascension, et mon kilométrage hebdomadaire n'a pas dépassé les 70 km. Mais je me dis qu'avec mes 30 ans d'expérience en course à pied, et un chrono de 2h59 au marathon l'an dernier, je n'ai rien à craindre des barrières horaires. Forfanterie ?
Pan !
31 juillet 2011, Aime. Sept heures tapantes, c'est parti. Une dizaine de kilomètres le long de l'Isère, donc pratiquement plats. On s'échauffe. Je suis à
l'arrière du peloton, une cinquantaine de coureurs à peine doivent me séparer du dernier. On trotte. Je n'ai pas pris
de bâton, mais je dois faire gaffe à ceux des autres ! Je discute le coup avec mes deux potes, et un autre
compatriote, au hasard des rencontres, puis on voit remonter Cécile, qui ne reste pas longtemps, préférant prendre un
peu d'avance en courant alors que nous marchons dès les premières pentes, encore douces. C'est peut-être ça,
courir au féminin... Quelques minutes plus tard
c'est à mon tour de prendre la poudre d'escampette, je ne suis tout de même pas là pour flâner ! La montée
s'accentue de plus en plus, et il va en être ainsi pendant 20 km encore ! Le plus souvent je ne peux courir, c'est trop
raide. Quelques faux plats nous accordent de trop rares répits. Mais je remonte beaucoup de concurrents, sans arrêt,
c'est bon pour le moral. Surtout ne pas oublier de s'alimenter, de boire. A propos, voilà le premier ravitaillement,
au 16è, à La Plagne. Belle ambiance, un public assez nombreux. Je prends du salé, du sucré, bois du coca. Les
sensations sont bonnes, ça roule. Nous sommes maintenant à plus de 2000m d'altitude, et seule la présence de quelques sapins
empêche que le paysage soit tout à fait lunaire. Passage devant les lacs-réservoirs d'eau, puis petit pipi... j'en ferai trois, signe
d'une bonne hydratation ! Impensable sur un marathon... Et la pente continue, encore et encore, il en reste à faire,
d'accord, d'accord... Le paysage est somptueux : les pluies des semaines précédentes ont fait place, comme par
enchantement, à un soleil radieux, et la vue qui s'offre à nous est grandiose. Y a pas a dire, la montagne, c'est
comme qui dirait la quatrième dimension... J'en profite d'autant plus que tout fonctionne, je me soulage les
quadriceps en poussant sur les cuisses avec les mains lorsque le chemin se fait très raide, et ça me réussit pas mal :
pour l'instant je gère ! Certains adoptent le style 'Marco Olmo', les mains croisées dans le dos, mais la plupart
utilisent leurs bâtons. Personnellement je préfère les éviter, n'y étant pas habitué : j'aurais peur de gaspiller des
forces en levant les bras très haut pour les planter dans le sol.
Le pied ! C'est un plaisir intense, lorsque les efforts sont maîtrisés, et que l'esprit est en communion avec le corps. Cette sensation, très connue des 'ultrafondus', justifie à elle seule la participation à une telle épreuve. Quelle joie de pouvoir passer un obstacle en étant déjà prêt à affronter le prochain avec sérénité, sûr de soi et de ses capacités ! On se dit alors qu'on recueille les fruits de toutes ces heures d'entraînement... et on s'étonne avec émerveillement des ressources dont notre corps bénéficie. Après le passage à la Roche de Mio, voici le ravito tenu par des ours - super déguisements, mais dur-dur sous la chaleur qui augmente d'heure en heure ! Vient ensuite le clou du spectacle : la dernière grimpette, qui se termine par le pierrier, juste au pied du glacier. Peu avant de l'atteindre, nous nous trouvons sur un chemin de corniche, lorsque nous entendons le rugissement de l'hélicoptère de l'équipe vidéo. Tout à coup celui-ci surgit d'en bas, et arrive à notre hauteur avant de repartir vers l'avant. Bonjour la décharge d'adrénaline ! L'effort est maximal lors de l'ascension de ce pierrier qui durera une dizaine de minutes, dans la brume. Cette caillasse en liberté ne nous octroie aucun moment de répit. Nous arrivons enfin à la neige du glacier, où nous attendent quelques spectateurs courageux et un ravitaillement. Il fait frais, mais pas assez que pour nous contraindre à enfiler un coupe-vent. Ouf, voilà une bonne chose de faite ! Mais avant d'atteindre le sommet de la course il faudra encore grimper quelques mètres, dont quelques pas dans la neige. On y est, il est midi pile, et le soleil a définitivement gagné sa bataille contre les nuages.
Le final Mais voici le moment que je redoutais le plus : la descente. Etant en effet peu habitué aux courses avec dénivelé prononcé, et pas très fort en descente technique, mes quadriceps sont assez faiblards. Je prends donc mon courage à deux mains et tente de suivre les coureurs qui ont l'air de bien se débrouiller. Le début de la descente est en effet technique, avec des pierres qui se détachent, puis un passage dans la neige/glace, avec peu de pente heureusement. Je teste en 'life' ce que j'ai lu dans les revues spécialisées, concernant la technique de descente, et je dois dire que je m'en sors pas mal : sur-ventiler, se pencher vers l'avant, écarter les bras, regarder loin, se concentrer sur ses appuis... en plus, j'économise mes cuisses ! Cette portion technique ne dure pas très longtemps, et laisse la place à du monotrace dans des prés, où il faut faire attention à ne pas se fouler une cheville. Les écarts se creusent, on me dépasse, mais globalement je gagne encore des places, et rejoins un petit groupe avant de passer par le ravitaillement suivant - toujours bien achalandé, avec des bénévoles charmants - et d'entamer le col de l'Arpette. La vache, il est raide ! Je le prends comme j'ai pris toutes les difficultés depuis le départ : l'une après l'autre, avec philosophie. Enfin, nous y sommes. S'ensuit une descente comme je les aime, longue et pas trop forte, mais autorisant de belles vitesses. Quel pied ! Tout cela dans de verts pâturages, avec vue sur les premiers contreforts de Bellecôte, que j'atteins avec beaucoup de sérénité. Mais quelles ambiance ! Nous passons sans transition du calme des alpages à l'effervescence de ce lieu touristique. Quel accueil ! Tout le monde participe à la fête, la fête du trail. Les responsables du ravitaillement nous disent qu'il reste 18 kilomètres, tout en descente, génial ! Il me faudra cependant vite déchanter, car il reste beaucoup de passages en faux-plat, voire en montée. Je dévale la longue pente qui précède le dernier ravitaillement de Montchavin, me permettant même de dépasser et laisser sur place de nombreux concurrents, qui ont littéralement explosé ! Mais la fatigue commence à se faire réellement sentir à 10 km de l'arrivée. Les jambes répondent de moins en moins. Cette fois mes batteries sont à plat, plus de jus, et les quadriceps ont fini par déclarer forfait ! Je parviens néanmoins à garder le petit trot lorsque ça descend, mais dois marcher même lorsque la montée est faible. Me voici enfin à 3 km de l'arrivée, je dois réunir ce qui me reste de volonté pour éviter de marcher continuellement. Enfin la ville, quelques centaines de mètres et les enfants qui m'encouragent, mon fils qui parcourt les derniers mètres avec moi, séquence émotion ! Ce fut dur, mais que ce fut bon ! Benoît Schalkwijk
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(Crédit photo : 6000D)
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6000D : de choses et d'autres...
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Côte d'Opale, cas d'Eole
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Cela n'arrive pas qu'aux autres... ...et c'est vrai qu'il ne faut pas être beau pour avoir de la chance... En effet, si je suis, en ce 11 septembre, à Wissant , face à la Manche, pour prendre le départ du Trail de la Côte d'Opale, c'est parce qu' Olivier Moreaux, à la fois responsable de la section running chez Axa Belgique, et membre du comité de FLEU Athlétisme, a eu le bon goût de mettre en jeu un chèque-cadeau pour un voyage vers ce trail, lors de la tombola du Jogging du Bois de Soleilmont. (voir aussi le très intéressant compte-rendu d'Opale d'Olivier sur son blog) Faveur du destin que je me suis donc empressé de mettre à profit, pour m'en aller accomplir mon deuxième 60 bornes après la 6000d de La Plagne, dans un environnement éminemment différent on s'en doute. Au cours du voyage en car en compagnie de l'équipe running d'AXA et quelques coureurs de FLEU, j'ai pu me rendre compte que nous étions très peu à avoir choisi la plus longue des distances proposées, soit 62 km, la plupart ayant prudemment opté pour des efforts plus modérés de 36, 31, 17 ou même 6 km.
Ambiance...
L'ambiance sympathique qui régnait dans le bus le samedi matin s'étant prolongée l'après-midi lors d'une promenade dans
les environs de notre très confortable hôtel, et le soir lors d'un repas calme mais néanmoins convivial, c'est donc
dans la sérénité que tout le groupe se présente sur la plage en ce dimanche matin. Mais le ciel, lui, n'est pas serein ;
le soleil de la veille a fait place
à des nuages en soirée, et une pluie fine arrose encore çà et là les rivages atlantiques. Ciel de traîne, et, surtout,
grand vent qui ne va pas nous lâcher de toute la journée.
Mes temps de passage, et places :
17°km 1:47:40 104° - 36° km 3:26:35 68° - 50° km 4:14:14 57° - arrivée 6:23:05 51°
Première boucle
Enfin les fauves sont lâchés : les participants aux 17 km vers le nord et
le cap Blanc-Nez, tous les autres vers le sud, vers le cap Gris-Nez. Tous pour une seule boucle, sauf les ultrafondus du
62. Ces derniers en feront deux, le croisement de ce parcours en huit se trouvant sur la place de Wissant, où seront
jugées les arrivées de toutes les courses.
Deuxième boucle
Arrivé au ravito de rejoins Pierre, du groupe AXA. Je repars peu après lui, après avoir assimilé un peu de solide et de
liquide parmi les nombreux produits proposés par l'organisation. Variété et quantité : c'est tout bon. Benoît Schalkwijk
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(Crédits photo : LePape - Blogs divers)
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Le Trail de la Côte d'Opale : de choses et d'autres... |